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Rencontre avec Rémi Bezançon et Vanessa Portal le 28 mai

Nous accueillerons en mai le réalisateur Rémi Bezançon et sa co-scénariste Vanessa Portal.

Rémi Bezançon est né à Paris en 1971. Après des études à l’ESRA et à l’École du Louvre, il tourne plusieurs courts-métrages puis son premier long-métrage en 2005, Ma Vie en l’air, avec Vincent Elbaz, Marion Cotillard et Gilles Lellouche. Mais c’est avec Le Premier jour du reste de ta vie, avec Zabou Breitman et Jacques Gamblin, qu’il est véritablement révélé au grand public en 2008. En 2011, le cinéaste adapte le roman d’Eliette Abécassis Un Heureux événement, avec Louise Bourgoin, et opère ensuite en 2012 un tournant vers l’animation avec Zarafa, un conte pour enfants coréalisé avec Jean-Christophe Lie, un ancien de chez Disney. En 2015, Rémi Bezançon revient à la prise de vue réelle avec Nos Futurs, bromance douce-amère portée par Pierre Rochefort et Pio Marmaï, son acteur fétiche qu’il dirige pour la troisième fois. Son dernier long-métrage, Le Mystère Henri Pick, adapté du roman de David Foenkinos, met en scène Fabrice Luchini et Camille Cottin. Le film est en salles depuis le 6 mars 2019.
Sa filmographie sur IMDb : https://www.imdb.com/name/nm1462495

Vanessa Portalest née à Cannes en 1973. Après des études de Droit, de Sciences politiques et de Lettres modernes, elle travaille pendant plusieurs années dans de grandes maisons d’édition parisiennes (Robert Laffont, Flammarion et Albin Michel). Mais sa rencontre avec Rémi Bezançon est décisive, avec lui elle écrit la plupart des scenarios de ses films. Après une première collaboration au Premier jour du reste de ta vie, fresque familiale qui fera le succès du réalisateur, elle adapte ensuite le roman d’Eliette Abécassis Un Heureux événement, portrait intimiste d’une jeune mère primipare. Suivent le film d’animation Zarafa, pour lequel elle collabore simplement car le scenario était déjà écrit. Et Nos Futurs, une bromance au ton tragi-comique qu’elle affectionne particulièrement. Son dernier film, Le Mystère Henri Pick, adapté du roman de David Foenkinos, est une enquête sur une imposture littéraire.
Sa filmographie sur IMDb : https://www.imdb.com/name/nm4554522

Vanessa Portal et Rémi Bezançon sont déjà en écriture du prochain film du cinéaste…

Vous pourrez trouver les scénarios du Premier jour du reste de ta vie, d’Un heureux événement et du Mystère Henri Pick sur la scénariothèque de l’association.

La rencontre aura lieu le mardi 28 mai, à 19h30 à la Fémis.

Dans un souci de bon fonctionnement de Lecteurs Anonymes, ceux qui veulent participer à la rencontre sont invités à adhérer à l’association (en envoyant un email à lecteursanonymes.org) ou à payer 5 euros en ligne (https://www.helloasso.com/associations/lecteurs-anonymes/evenements/e).

* bières, chipsters et bonne humeur *

Les fiches de lecture à l’honneur #9 : Cannes 2019 !

Le 72e Festival de Cannes commence aujourd’hui. Des dizaines de films du monde entier s’apprêtent à y être dévoilés en avant-première mondiale. Parmi eux, certains dont les membres de Lecteurs Anonymes ont eu le privilège de lire les scénarios.
A travers des extraits de fiches de lecture, un petit avant-goût de ce qui nous attend sur la Croisette…

LE DAIM
Un scénario de Quentin Dupieux
(Quinzaine des Réalisateurs – Ouverture)

SYNOPSIS
Guy est amoureux de son blouson en daim. Il ambitionne même de devenir le seul homme sur Terre à porter un blouson.

L’AVIS DES LECTEURS
Le film commence comme une adaptation du Manteau de Gogol et, dans une certaine mesure, suit l’écrivain russe dans son goût de l’absurde, de l’humour noir, du pathétique et du grotesque.

Pour cette fable macabre et non-sensique, l’auteur a fait le choix d’un protagoniste peu aimable : ignorant, sans compétences, amoureux d’un blouson, bref, complètement con. C’est audacieux, même si ce n’est pas toujours facile d’entrer en empathie avec lui. Mais le personnage de Guy est bien servi par des dialogues particulièrement drôles, riche en cynisme et, parfaits pour véhiculer sa mauvaise foi. La négociation avec le vendeur du blouson est une excellente scène, où le dialogue, abondant, se résume tout entier à un conflit absurde et néanmoins tendu.

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU
Un scénario de Céline Sciamma
(Sélection officielle – Compétition)

SYNOPSIS
Une île de Bretagne en 1760. Une femme doit en peindre une autre à son insu. Le portrait a vocation à marier le modèle. La peintre va découvrir dans son modèle une jeune femme passionnée qui vit ses premiers et ses derniers moments de liberté…

L’AVIS DES LECTEURS
Un très beau drame romantique, huis clos au récit simple et doux. C’est une histoire d’amour que l’on sait d’avance impossible mais à laquelle on croit et qui nous émeut.
L’écriture du scénario est très évocatrice, qui laisse entrevoir la mise en scène, les cadres, les lumières. Il s’en dégage une aura mystérieuse, presque fantastique.
On peut à certains moments regretter un certain déséquilibre de point de vue : on est entièrement avec Marianne la peintre et, même si c’est assumé, Héloïse reste une figure un peu distante.

Le projet est aussi un commentaire, jamais asséné ou lourd, sur la condition féminine, jusque dans ses manifestations physiques.
Les intentions de mise en scène de Céline Sciamma sont cohérentes et convaincantes. On s’imagine un film fiévreux mais pudique (ou l’inverse) qui prolonge l’œuvre de la cinéaste tout en élargissant son horizon.

UNE VIE CACHÉE
Un scénario de Terrence Malick
(Sélection officielle – Compétition)

SYNOPSIS
Durant la Seconde guerre mondiale en Autriche, l’histoire vraie d’un objecteur de conscience catholique qui refusera de prêter allégeance à Hitler.

L’AVIS DES LECTEURS
Ce projet est difficile à juger sur papier tant les films de Terrence Malick sont des œuvres fluides, constamment réécrites au tournage et au montage.
Ce qu’on retient de prime abord, c’est la thématique universelle et toujours perturbante de la difficile opposition à un pouvoir totalitaire, ici dans son incarnation la plus extrême, le nazisme.

Le personnage de Franz est assez fascinant. Cet objecteur de conscience s’arc-boute sur son opposition de principe au mal que représente Hitler. Mais il va tellement loin dans la défense de ses idéaux qu’il en devient absolutiste et donc étonnant. Il y a un côté « bloc » chez lui, sans concessions, qui rend le personnage troublant, inquiétant, et finalement assez peu angélique.

Par contre, le choix du sujet, qui confronte la foi et la spiritualité au nazisme, donne une impression de prosélytisme et de « point Godwin » permanent. D’autant plus que le script est parfois légèrement moralisateur et illustratif : on pense par exemple à cette introduction hors-sol montrant l’homme qui avait stoppé les chars chinois sur la place Tiananmen en 1989…

ZOMBI CHILD
Un scénario de Bertrand Bonello
(Quinzaine des Réalisateurs)

SYNOPSIS
Haïti, 1962. Un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de canne à sucre.
55 ans plus tard, au prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur à Paris, une adolescente haïtienne confie à ses nouvelles amies le secret qui hante sa famille.
Elle est loin de se douter que ces mystères vont persuader l’une d’entre elles, en proie à un chagrin d’amour, à commettre l’irréparable.

L’AVIS DES LECTEURS
Le projet est bâti autour d’un sujet alléchant (le vaudou, d’ailleurs traité conformément à sa représentation traditionnelle), et d’une thématique fuyante mais forte (la relation entre les vivants et les morts). La structure, empruntée aux Saisons de la nuit de Colum McCann, est prometteuse : d’abord, les incursions dans l’Haïti nocturne et mystérieuse constituent des pauses bienvenues dans le récit contemporain ; ensuite on ne peut que se demander comment les deux époques vont entrer en relation – comment le vaudou va-t-il faire irruption dans la trame contemporaine de l’intrigue ?

Le film procède volontiers par petits électrochocs parfois gratuits, mais qui ont un effet immédiat sur le spectateur, même quand il s’agit de fausses pistes.

L’intrigue tient très peu de place dans le film, l’auteur préférant s’en remettre, soit à des improvisations avec les jeunes filles, soit à des séquences « poétiques », oniriques, « purement optiques et sonores » (pour parler comme Deleuze), bref qui soient plus de l’ordre du sensoriel que du narratif. De fait, le film captive moins par son intrigue que par son charme mystique, principalement grâce au champ thématique du vaudou.

LA BELLE ÉPOQUE
Un scénario de Nicolas Bedos
(Sélection officielle – Hors-compétition)

SYNOPSIS
Un homme divorcé se paie une « reconstitution » de ses jeunes années et tombe amoureux de l’actrice qui incarne sa femme.

L’AVIS DES LECTEURS
Un film d’amour en poupées gigognes qui mêle le passé, le présent, le réel et l’imaginaire.
C’est un projet ambitieux, dans la lignée de M. et Mme Adelman, le premier long de Nicolas Bedos. Même goût pour l’enchevêtrement temporel, la non-fiabilité du récit, la nostalgie des seventies… Mais l’humoriste passé réalisateur pousse les curseurs encore plus loin avec ce récit particulièrement méta où moult niveaux de lecture se mêlent.

Le concept est bon. Cette entreprise qui reproduit le passé des gens est une idée géniale, riche en possibilités narratives. On peut sans peine imaginer tout un tas de situations savoureuses et on se surprend à imaginer soi-même ce qu’on demanderait si une telle société existait.

Le film est très riche et c’est véritablement la vision d’un auteur. C’est un récit touffu et plein d’embranchements, clairement très personnel . Le début notamment, qui mêle de nombreuses temporalités, en devient presque proustien. On sent Nicolas Bedos en totale liberté, il s’amuse, il essaie de tout mettre dans son film.

Le scénariste va parfois trop loin dans l’enchevêtrement narratif, ce qui rend l’ensemble parfois un peu lourd. Mais le projet a le mérite d’être personnel, avec un potentiel indubitable.

IT MUST BE HEAVEN
Un scénario de Elia Suleiman
(Sélection officielle – Compétition)

SYNOPSIS
ES fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie.

L’AVIS DES LECTEURS
Cette comédie autobiographique à la Jacques Tati est dans la droite lignée d’Intervention divine, le premier grand succès d’Elia Suleiman. Une fois de plus il se met en scène, cette fois dans son propre rôle, en tant que témoin muet d’un monde absurde.

Ce projet est à la fois facile et difficile à critiquer. Facile car il est long et dénué d’intrigue ; difficile car il est tellement assumé qu’il offre peu de prise à une grille de lecture classique. En effet, le film est tellement idiosyncratique dans son humour, sa mise en scène, son ton, le regard globuleux de son héros, qu’il pourrait pour certains générer un rejet brutal. D’autres, au contraire, pourraient être totalement conquis, comme ils le furent pour les films d’Antonin Peretjatko, par exemple, qui n’avaient rien de facile sur le papier.

Le film ne consiste à 80% que d’une suite de situations comiques absurdes. On va de tableau en tableau, Elia Suleiman étant l’observateur (quasi-)silencieux de ce spectacle humoristique qu’est la vie. C’est un humour à froid, extrêmement absurde, qui s’autorise un cheval garé devant un parcmètre, une conférence où tout le monde n’applaudit que d’un seul clappement de main, ou encore trois flics français en état d’alerte car on a jeté un mégot par terre.

Le héros, ES, acronyme bien évidemment d’Elia Suleiman (et bien sûr destiné à être interprété par lui), est un réalisateur palestinien qui prépare une comédie sur le Moyen-Orient. Mais comme par hasard, le producteur français lui reproche que son film ne parle pas assez du conflit israëlo-palestinien. Bien vu, car en désamorçant ainsi une critique potentielle qu’on pourrait adresser au film, le réalisateur retourne contre nous, observateurs, notre obsession pour ce conflit.

PERDRIX
Un scénario de Erwan le Duc
(Quinzaine des Réalisateurs)

SYNOPSIS
Pierre Perdrix vit des jours agités depuis l’irruption dans son existence de l’insaisissable Juliette Webb. Comme une tornade, elle va semer le désir et le désordre dans son univers et celui de sa famille, obligeant chacun à redéfinir ses frontières, et à se mettre enfin à vivre.

L’AVIS DES LECTEURS
Un scénario de comédie fort sympathique, avec des intentions intéressantes. La construction de l’enquête est plutôt bonne et se mêle bien à l’intrigue plus intime et sentimentale.

Les principales qualités du projet, ce sont des dialogues assez brillants dans le registre de l’absurde ou de l’exagération, et une prédilection pour l’unité-scène. On rend grâce à l’auteur de proposer une comédie sensible, intelligente et souvent inattendue, dans un registre bien éloigné de la médiocrité que le genre nous inflige chaque mercredi.

Si la fantaisie ambiante rend parfois le récit un peu artificiel, et qu’on décèle par moments une complaisance qui incite l’auteur à s’offrir une saynète charmante au détriment de la logique de l’action, on reste néanmoins sur une impression positive. Le scénario témoigne d’un indéniable talent, et on ne peut que se réjouir de voir la comédie emprunter d’autres voies que celles du high-concept facile ou de la satire sociologique de bas étage.

SIBYL
Un scénario de Justine Triet et Arthur Harari
(Sélection officielle – Compétition)

SYNOPSIS
Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d’écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu’elle cherche l’inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir…

L’AVIS DES LECTEURS
Un scénario au ton de comédie décalée, dans la lignée des précédents films de l’auteure. Les dialogues et les situations sont souvent drôles. Il y a tout une dimension de satire – du milieu intellectuel parisien, du monde du cinéma, qui est très plaisante.
L’auteure propose des portraits de personnages féminins hauts en couleur et touchants à la fois car hantés par des souvenirs, des fantômes (histoire d’amour, relations familiales, alcool) qui ne les lâchent pas. Sur un ton de « dramédie » qui n’empêche d’être sérieux quand il le faut, le film explore aussi la question du rapport des femmes à leur corps et à la maternité sans misérabilisme ni jugement.
Le scénario est bien rythmé, on ne s’ennuie pas, on a envie de suivre les personnages, leur côté imprévisible est très agréable.

Rencontre avec Isabelle Grellat le 29 avril

Nous accueillerons en avril la productrice Isabelle Grellat, de Mandarin Productions.

Son parcours : elle intègre Mandarin dès sa constitution en 1996. Parallèlement à la gestion et au conseil en investissement des Soficas Cofimage pendant dix ans, elle produit une dizaine de courts métrages, notamment ceux de Jocelyn Quivrin, Rémi Bezançon, Eliette Abecassis, Laurent Bachet, Sophie Reine, Camille Japy.
Depuis 2004, elle produit, aux côtés d’Eric et Nicolas Altmayer, les films de Rémi Bezançon Ma vie en l’air, Le premier jour du reste de ta vie (7 nominations aux César / 3 César), Un heureux événement, Nos futurs, Le mystère Henri Pick, et ceux d’Ivan Calbérac : On va s’aimer, Une semaine sur deux, L’étudiante et Mr Henri, Venise n’est pas en Italie (sortie prévue en mai 2019).
Elle a également produit Maestro réalisé par Léa Fazer et En équilibre de Denis Dercourt. Elle est productrice associée, en charge du développement des films Saint Laurent mis en scène par Bertrand Bonello et Les innocentes mis en scène par Anne Fontaine. En 2016 elle a produit le premier film de Sophie Reine Cigarettes et chocolat chaud, nommé aux César 2017 dans la catégorie « meilleur premier film ».

Sa filmographie : https://www.unifrance.org/annuaires/personne/308496/isabelle-grellat
Tout sur Mandarin Production : https://www.facebook.com/MandarinProduction/

La rencontre aura lieu le lundi 29 avril, à 19h30 à la Fémis.

2 scénarios de films produits par Isabelle Grellat ont été ajoutés à notre Scénariothèque pour l’occasion : Cigarettes et chocolat chaud et Le mystère Henri Pick.

Dans un souci de bon fonctionnement de Lecteurs Anonymes, ceux qui veulent participer à la rencontre sont invités à adhérer à l’association (en envoyant un email à lecteursanonymes.org) ou à payer 5 euros en ligne (https://www.helloasso.com/associations/lecteurs-anonymes/evenements/e).

* bières, chipsters et bonne humeur *

Les présidentes de LA interviewées sur le site du CNC !

Sophie Muller et Anna Marmiesse, les présidentes de Lecteurs Anonymes, sont à l’honneur sur le site officiel du CNC, avec un article publié le 27 mars, intitulé “Décryptage : Profession, lecteur de scénario”.
Dans cet entretien, elles expliquent en quoi consistent les activités de lecteur et de consultant en scénario, et présentent l’association et ses missions. Un grand merci au CNC pour cette mise en lumière !

Un entretien à découvrir ici : https://www.cnc.fr/cinema/actualites/decryptage–profession-lecteur-de-scenario_962938

Lecteurs Anonymes au festival de Valence 2019 !

Du 3 au 6 avril prochain a lieu l’événement incontournable du scénario : le festival des scénaristes de Valence. L’association y sera présente en force !

A l’espace Bleus, Laetitia Kugler animera le module 2 consacré à la note d’intention : http://www.scenarioaulongcourt.com/Module-2-La-note-d-intention-pour

Souvent perçue comme une corvée par les scénaristes, la note d’intention peut s’avérer être la clé qui ouvrira toutes les portes à votre scénario. Utile et importante, il est en effet indispensable de savoir expliquer à ses collaborateurs vos choix de mise en scène et d’écriture. Une heure pour comprendre les rouages de cet exercice indispensable, et identifier les pièges dans lesquels ne pas tomber !

Par ailleurs, Sophie Muller, Olivier Ciechelski et Laetitia seront consultants à l’atelier Réparation : http://www.scenarioaulongcourt.com/Atelier-reparation

Rencontre avec Emmanuel Chaumet le 12 mars

Prochain rendez-vous de l’association, une rencontre avec Emmanuel Chaumet, producteur et gérant de la société Ecce Films créée en 2003.
Il a notamment produit les films de Sophie Letourneur, de Benoît Forgeard, La Bataille de Solférino et Victoria de Justine Triet, La fille du 14 Juillet d’Antonin Peretjatko et Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico.
Tout sur Ecce Films : http://www.eccefilms.fr/

La rencontre aura lieu le mardi 12 mars, à 19h30 à la Fémis.

Dans un souci de bon fonctionnement de Lecteurs Anonymes, ceux qui veulent participer à la rencontre sont invités à adhérer à l’association (en envoyant un email à administration@lecteursanonymes.org) ou à payer 5 euros en ligne (https://www.helloasso.com/associations/lecteurs-anonymes/evenements/e).

Interview de Tibwa NZAPA, script editor tournée vers l’international

On continue notre série d’entretiens avec des membres de l’association au profil original et intéressant. Aujourd’hui, on ouvre nos horizons avec une lectrice ayant travaillé dans plusieurs pays d’Europe. Tibwa Nzapa est actuellement en formation à la National Film and Television School (NFTS) à Londres et pratique le métier de script editor. Elle nous explique tout !

Anna Marmiesse : Tu as travaillé en Belgique, en France, désormais au Royaume-Uni ! Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Tibwa Nzapa : Ma première passion est l’écriture. A 14 ans, j’ai commencé à protéger mes écrits avant d’envoyer mes premiers livres et « scénarios » à tour de bras dans des maisons d’édition et de production à Paris. Car pour moi qui vient de Belgique, Paris, c’est là où tout se passait. Sans grande surprise, j’ai accumulé les refus.

Puis je me suis naturellement tournée vers ma seconde passion : le cinéma. Encore fallait-il trouver quoi y faire. Mon premier choix s’est porté sur l’écriture de scénario mais là encore, l’idée d’être bloquée tant qu’un de mes scénarios ne serait pas choisi par un producteur ne me plaisait pas. Il me fallait faire autre chose en attendant ma chance. Après plusieurs stages à différents postes sur des plateaux de cinéma en Belgique, j’ai réalisé que j’avais des prédispositions naturelles pour l’assistanat de production. Et j’ai exercé ce métier par intermittence pendant à peu près 10 ans, principalement comme assistante de prod plateau.

C’est mi-avril 2016 que l’écriture est revenue dans ma vie. Je devais commencer un nouveau film comme assistante de prod plateau et, en attendant son démarrage, mon producteur de l’époque m’a demandé de lui faire quelques fiches de lecture détaillées. Deux ans plus tôt, en 2014, j’avais découvert le script editing en effectuant un stage chez un producteur. Mais à aucun moment il ne m’était venu à l’esprit que cela pouvait être un métier à part entière. Quand j’ai su que c’était le cas, j’ai assez vite décidé que ce serait mon métier principal désormais.

>Depuis mais 2016, je travaille donc en développement, comme script reader, script editor, et depuis bientôt un an en anglais comme coordinatrice d’écriture sur une série d’animation.

Tu étudies actuellement à la National Film and Television School (NFTS) à Londres, dans le département Script Development. Raconte-nous en quoi consiste cette formation !

La NFTS est pour moi le meilleur moyen d’acquérir toutes les bases solides qui sont nécessaires quand on a l’idée folle de se lancer à l’international. Pourtant, quand j’ai pris la décision de viser ce marché, je n’avais pas la NFTS en tête. Ce qui a motivé ma décision est qu’en Belgique, les métiers de lecteurs, développeurs, script doctors, script editors, etc…n’existent pas réellement. Par contre, plusieurs personnes font des retours sur des scénarios : des producteurs, des réalisateurs, d’autres scénaristes, des distributeurs, etc. Mais ils ne sont pas forcément analystes de métier.

J’étais décidée à ce que ce soit mon métier. Je me suis donc formée pour être crédible face à mes futurs employeurs/clients. Avant la NFTS, ça a d’abord été le CEEA (Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle) où j’ai suivi les formations : lecture de scénario et direction littéraire. Cela m’a ouvert des portes en France et j’ai notamment eu l’opportunité de lire pour le CNC.

C’est en février 2018 que j’ai entendu parlé de la NFTS. J’assistais à la masterclass de Lucy V. Hay, une script editor britannique de talent. Dès que j’ai eu vent de la formation Script Development et de la réputation de l’école, j’ai su que je voulais en faire partie. Cela faisait plus d’un an que je travaillais mon anglais professionnel écrit et parlé pour être à niveau au moment de me lancer sur le marché international. J’ai soumis ma candidature sans y croire…et j’ai été acceptée.

Ce programme forme de futurs développeurs afin qu’ils soient prêts à travailler dans l’industrie une fois le certificat en poche. La formation s’étend sur 16 mois et est divisée en 4 parties : – Lecteur : on vous réapprend à lire et à gérer vos instincts – Développeur : on est formés comme script editor pour la télé et le cinéma – Connaissance de l’industrie : rencontres de différents profils en activité dans l’industrie – Chargé de développement : au cours de cette dernière partie, on nous attribue un auteur et nous sommes chargés de développer son projet de manière professionnelle au cours des 6 derniers mois de la formation.

C’ est le programme de formation le plus complet qui se puisse trouver quand on veut faire ce métier. L’école délivre un certificat international reconnu et recherché dans la profession. C’est une formation très intense et la charge de travail est tout simplement hallucinante. Il y a des travaux officiels à remettre chaque mois, ainsi que des exercices hebdomadaires qui nous obligent à affiner notre analyse. Les formateurs sont des professionnels actifs dans l’industrie, qui nous poussent dans nos retranchements, nous aident à développer notre réflexion au maximum, et surtout, nous forment par la pratique afin que nous soyons aptes à travailler comme professionnels une fois sur le marché. L’école est réputée pour être une des meilleures école de cinéma au monde. C’est une carte de visite incroyable, pour peu que vous soyez un peu débrouillard. Mais l’effet est assez immédiat : lors de mon premier jour à l’école, j’ai commencé à lire pour ma première maison de production britannique.

Le métier de script editor n’est pas vraiment connu en tant que tel chez nous. Comment le décrirais-tu ? Pourrait-on en voir un équivalent en France ?

J’exerce le métier de script editor. Je ne suis pas script doctor, et ne cherche pas à le devenir pour l’instant. J’ai toujours précisé cette différence afin que les employeurs/clients ne soient pas déçus ou induits en erreur. Le métier de script editor n’implique pas de donner des idées et de participer à l’écriture de quelque manière que ce soit. C’est un pur technicien du scénario qui doit savoir de quoi il parle et maîtriser la technique. Il ou elle doit savoir identifier non seulement les problèmes, mais les causes de chaque problème aussi.

En tant que script editor, notre job, c’est l’auteur. Nous leur servons de tremplins et sommes présents pour les aider à améliorer leur projet. D’ailleurs, l’une des règles d’or de notre métier est de ne pas s’attendre à faire du scénario quelque chose de parfait et à mettre la barre très haut pour nous-mêmes, analystes. On perdra les deux : l’auteur et le projet. On est là pour aider l’auteur à améliorer son projet. Comprendre l’histoire que l’auteur veut raconter, comprendre ce qui est important pour lui dans l’histoire qu’il veut raconter, et maintenir cette connexion entre l’auteur et l’histoire jusqu’au bout, afin que le public puisse être touché à son tour…ça requiert de sacrées capacités qui ne se développent qu’avec le temps.

Je ne pense pas que le script editing pourrait avoir une place telle quelle en France, car l’approche du travail et le métier sont tout de même différents. C’est une autre culture. Ce qu’on a de plus proche, ce sont les script doctors.

Vois-tu des différences dans la manière dont sont abordées l’écriture, la lecture et le scénario en général, en fonction des pays dans lesquels tu as travaillé ?

Énormément. Et personnellement, je suis plus fan de la méthode anglo-saxonne. C’est une des raisons qui m’ont poussée à me former pour l’international dès le départ.

Il ne faut pas oublier que nous travaillons pour une industrie dont le cœur est – et doit rester – l’artistique. Néanmoins, c’est un business et les anglo-saxons l’intègrent beaucoup plus dans leur processus du travail. Il en résulte que l’écriture peut être certes plus formatée, mais elle est plus efficace et répond aux critères de l’industrie dès le départ.

Les scénarios que je reçois des anglo-saxons sont majoritairement impeccables en termes de formatage. Car les auteurs savent qu’ils ne seront pas lus s’ils ne suivent pas les règles établies par l’industrie. Et un scénario bien présenté est toujours plus agréable à lire, même si ça ne fait pas tout.

En ce qui concerne l’écriture, les auteurs anglo-saxons avec qui j’ai pu bosser jusqu’ici sont beaucoup plus rompus à l’exercice. Même s’ils sont passionnés, ils n’oublient pas que c’est leur métier. Un exemple : un auteur anglo-saxon m’a déjà rendu un séquencier de court en une journée pour répondre à une deadline serrée. Aussi, ils savent lire des notes et apporter les changements correspondants dans le scénario de manière efficace. Les auteurs francophones que j’ai vus capable de faire pareil sont soit très rodés ou ont une approche du travail plus anglo-saxonne. Pour les autres, ça reste plus artisanal. On prend le temps de faire les choses bien. Il n’y a rien de mal à cela et les deux méthodes fonctionnent, tant qu’on arrive à un bon résultat. Mais si on est soumis à une deadline, cela peut être problématique.

Enfin, pour la lecture, je me suis prise une énorme claque en commençant la NFTS qui nous réapprend les bases de la lecture. Pour eux, il est hors de question de se la jouer, de se la raconter dans une fiche de lecture ou des notes de développement. Si vous rendez un report ou un coverage dans lequel vous ne faites que critiquer le travail de l’auteur, honte à vous. Le langage employé est très important également. Tout ce qui peut aliéner un auteur doit être gommé. Vous ne serez pas considéré comme professionnel. On a passé énormément de temps sur le choix du vocabulaire. On travaille sur la manière de présenter les choses. Chaque phrase posée doit avoir une raison d’être. Les doubles ou triples sens de chacune de nos déclarations sont décortiquées. Chaque phrase que vous écrivez doit servir à l’auteur, sinon on peut s’en passer.

La plus grosse différence est que chez les anglo-saxons, tout est dans la concision. Moins vous en dites, plus vous êtes précis, au plus vous serez considérés comme professionnel. Une fiche de lecture, synopsis compris, n’a pas à dépasser 4 pages. La technique d’analyse anglo-saxonne est très précise et, plus on la maîtrise, plus on apprécie son efficacité. Il n’est pas nécessaire non plus d’aller au-delà de 10 pages pour des notes de développement.

On est aussi rééduqué quant à notre rapport avec l’auteur. Et celui-ci est également disséqué psychologiquement afin que l’on comprenne ce qu’il traverse à toutes les étapes du développement. Car je le redis, l’auteur est notre boulot. C’est lui qu’on sert et qu’on protège. C’est lui qu’on défend à travers son histoire.

J’ai eu la chance de lire une fiche de deux pages d’un script editor britannique qui a plus de 20 ans de métier. Je n’ai jamais rien lu d’aussi dense, précis et concis à la fois.

Une fois ta formation terminée, quel serait ton job idéal, et où ?

J’ai quelques projets qui, je l’espère, prendront forme le moment venu. Cela va faire 3 ans que je travaille en développement. Et j’ai déjà eu des opportunités que je ne pensais pas avoir tout de suite. Il y a 3 maisons internationales pour lesquelles j’aimerais bien travailler comme développeuse. On verra. Ce qui est certain, c’est que je compte travailler principalement comme script editor. Je continue de me former et d’apprendre mon métier car pour moi, à l’heure actuelle, il n’y a rien de mieux sur terre.

Propos recueillis par Anna Marmiesse

César 2019 : 7 scénarios nommés à lire sur la Scénariothèque !

Vendredi prochain se tiendra la 44é cérémonie des Césars ! L’occasion parfaite pour enrichir la Scénariothèque de sept scénarios en lice pour remporter l’une des deux statuettes consacrées au scénario :

Dans la catégorie Meilleur scénario original

  • En liberté ! écrit par Pierre Salvadori, Benoît Graffin et Benjamin Charbit, produit par Les Films Pélleas
  • Jusqu’à la garde, écrit par Xavier Legrand, produit par KG Productions
  • Pupille, écrit par Jeanne Herry, produit par Trésor Films et Chi-Fou-Mi Productions

Dans la catégorie Meilleure adaptation

  • La Douleur, écrit par Emmanuel Finkiel, produit par Les Films du Poisson
  • Les Frères Sisters, écrit par Jacques Audiard et Thomas Bidegain, produit par Why Not Productions et Page 114
  • Mademoiselle de Joncquières, écrit par Emmanuel Mouret, produit par Moby Dick Films
  • Un Amour impossible, écrit par Catherine Corsini et Laurette Polmanss,  produit par Chaz Productions

Merci aux scénaristes et aux productions qui ont accepté de partager leurs créations.
Nous souhaitons bonne chance à tous les nommés !

La Scénariothèque, lancée en 2017 par l’association Lecteurs Anonymes, est une base de données qui met à disposition, en accès libre, des scénarios de longs-métrages francophones sortis en salles. Elle contient à ce jour environ 70 scénarios.

Rencontre avec Jimmy Desmarais le 19 février

Prochain rendez-vous de l’association, une rencontre avec le producteur Jimmy Desmarais.

Formé au scénario au sein du Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle, Jimmy Desmarais initie le département télévision de Haut et Court et y produit des séries remarquées en France et à l’international, dont Xanadu, Silex and the City, Les Revenants (Emmy Award en 2013), ou Panthers. Co-managing director d’Atlantique Productions (Lagardère) depuis 2016, il se spécialise dans les coproductions internationales et vient de terminer la production d’EDEN, mini série franco allemande réalisée par Dominik Moll.
Tout sur Atlantique Productions : http://www.atlantique-productions.fr/

La rencontre aura lieu le mardi 19 février, à 19h30 à la Fémis.

Voilà le lien vers l’événement Facebook.

Dans un souci de bon fonctionnement de Lecteurs Anonymes, ceux qui veulent participer à la rencontre sont invités à adhérer à l’association (en envoyant un email à lecteursanonymes.org) ou à payer 5 euros en ligne (https://www.helloasso.com/associations/lecteurs-anonymes/evenements/e).

Interview de Florian MOLE, producteur de “Un beau voyou”

Avec la nouvelle année, son plein de nouveautés. Voici un entretien recueilli par Sofia ALAOUI d’un des membres de l’association, Florian MOLE, à l’occasion de la sortie en salle de son premier long métrage en tant que producteur : UN BEAU VOYOU, écrit et réalisé par Lucas BERNARD  avec Charles BERLING et Swann ARLAUD.

Sofia Alaoui : Tu es membre de l’association depuis le tout début, nous sommes très fiers de la sortie du long métrage que tu as produit au sein de ta structure de production « Les grands espaces », peux-tu nous parler un peu de ta société de production, de ce que tu développes actuellement ? 
Florian Mole : Elle existe depuis 5 ans maintenant. Je l’ai créée en ayant encore un pied chez Pelléas où je m’occupais entre autres du développement. Je me suis lancé seul parce que je croyais en UN BEAU VOYOU et en son auteur. J’avais le sentiment que ce projet nous permettrait de nous ouvrir les portes des talents et des financements. Ce qui fut le cas fort heureusement. En attendant qu’UN BEAU VOYOU se concrétise, j’ai produit trois courts.
En ce moment, je développe les 2ème et 3ème longs-métrage de Lucas Bernard. Je développe également deux premiers longs ; celui de Matthias Jenny avec qui je viens de faire « Matador » un court-métrage pour Canal+ (en compétition à Clermont cette année) et celui de Jean-François Fontanel coécrit avec Christophe Lemoine. J’ai d’ailleurs rencontré Jean-François lorsque j’étais intervenant dans le cadre de la résidence d’écriture Gray Art Motel organisée avec les Lecteurs Anonymes.

S.A. : “Un beau voyou” est ton premier long métrage au sein de ta structure, quelle a été la genèse du projet, comme as-tu envisagé le développement du film ?
J’ai découvert l’univers de Lucas Bernard par son premier roman « Les lacets rouges » paru au Seuil. J’ai tout de suite été séduit par son écriture, sa liberté de ton et par ce récit déjà profondément cinématographique. Nous avons fait un premier court-métrage ensemble « La place du mort » très noir qui n’a pas fait une grande carrière en festival mais le désir de travailler ensemble était intact. Nous avons alors réfléchi à ce qui pourrait être son premier long et donc le mien. Nous sommes partis de la feuille blanche et petit à petit le projet s’est dessiné. Nous n’avons reçu aucune aide à l’écriture ou au développement. Ce projet est resté (pas bien longtemps) incompris à l’étape du traitement. Dès que la continuité dialoguée est arrivée, le récit a su convaincre.

Florian MOLE

S.A. : Comment travailles-tu avec tes auteurs ?
Je suis très très très présent et ce à toutes les étapes du projet. C’est une façon d’assumer les films sans se défausser sur l’auteur quand la promesse originelle n’est pas là à l’arrivée. Et quand c’est une réussite, c’est une réussite collective. Je ne m’impose pas (enfin je crois) mais je pense qu’un rapport de confiance se tisse dans des échanges permanents. Si bien que lorsqu’une tempête arrive (et il y en a forcément), on peut s’entendre. On reste audible. Mieux comprendre la prise de décision et les désirs d’un auteur nous permet de faire des choix de productions en adéquation avec le projet.
Le développement est évidemment une phase cruciale et j’ai souvent été présent dès les premières étapes d’écriture voire à l’origine de certains projets. Je cherche à comprendre très tôt ce qui importe pour l’auteur et là où nos désirs se rejoignent. J’essaye aussi de leur expliquer l’environnement qui entoure le financement de leur film. Je crois qu’il est important pour eux de comprendre dans quelle économie on se trouve. Le potentiel et les limites de telle ou telle de nos décisions.

S.A. : Fais-tu appel à des lecteurs ?  Si oui, en quoi est-ce si important ?
Il m’arrive de faire appel à des lecteurs. J’aime confronter un sentiment de lecteur à mes intuitions de producteur. Notamment quand on pense qu’un projet est proche de pouvoir se défendre par lui-même. Au-delà de la mécanique dramatique, comment est-il perçu ? Quelle promesse annonce-t-il ?

S.A. : Tu as été lecteur, chargé de développement, en quoi cela a pu t’aider dans ton métier de producteur ?
La dramaturgie a toujours été au cœur de mon parcours et pas toujours de façon consciente. Je continue de lire et d’intervenir sur des projets pour d’autres producteur simplement pour le plaisir d’être à cet endroit. J’aime me poser des questions d’écriture tous les jours et je pense que mes remarques et mes propositions en phase de développement peuvent être entendues parce qu’elles sont argumentées, précises. Ça ne veut pas dire qu’elles seront intégrées mais l’idée est d’en discuter que ça infuse… Bref ! J’adore les joutes dramaturgiques !

S.A. : Quelles sont les difficultés auxquelles tu t’es confronté en tant que jeune producteur de long métrage ?
Tout dépend du type de producteur que l’on souhaite devenir et du type de film que l’on souhaite produire. Les sources classiques de financement se réduisent et la concurrence est importante mais en même temps on reste dans un secteur où cette concurrence est saine puisque subjective. A mon niveau, elle se joue essentiellement sur les talents avec qui on souhaiter travailler. Je n’ai pas le carnet de chèques de certains donc à moi de trouver d’autres façons de les convaincre de travailler ensemble.
Un jeune producteur peut encore se faire une place. Le problème est de durer. Je pense qu’on offre moins de chance de tenter, de se planter et de se relever aux nouveaux entrants qu’il y a dix, vingt ou trente ans. L’arrivée des géants du Net nous oblige collectivement à repenser notre écosystème mais je pense surtout qu’une plateforme comme Netflix n’a pas les mêmes besoins que Canal+. A nous de leur proposer des films qui y trouveront leur place et pas de leur présenter des projets parce qu’ils ne se financent pas par ailleurs.

S.A. : Le scénario est la clé de voute de financement d’un film, as-tu vu une évolution dans la manière d’appréhender le scénario chez les professionnels ?
Globalement, je trouve que le niveau général des scenarii s’améliore d’année en année. Malheureusement, ça ne veut pas dire que les meilleurs scenarii deviendront des films. Des projets “vides” continueront de se monter pour plein de mauvaises raisons. Chaque système a ses effets pervers. Le retour du scénario comme outil déterminant dans le financement d’un film n’empêche pas de défendre l’univers d’un auteur seulement certains auteurs/réalisateurs ne sont pas de bons scénaristes. À nous de bien les accompagner.

Merci à Florian de s’être prêté au jeu et à Sofia pour cette initiative plus que pertinente.